Finance socialement responsable
07 septembre 2011Gérald Larose
Qui dit finance, pense requins! Et il y aurait une finance socialement responsable? Je vous sens dubitatifs. Et pourtant ça existe.
Au point tel qu'une association (Association pour l'investissement responsable - AIR) existe depuis 1989. Aujourd'hui, au Canada, elle regroupe plus de 400 groupes et individus: des sociétés d'investissement, des conseillers financiers, des caisses de retraite et des organismes à but non lucratif. Leur but: promouvoir l'investissement responsable.
L'origine de ce mouvement puise à la conscience de communautés religieuses qui ne voulaient plus faire fructifier leur patrimoine avec n'importe quel type d'activités économiques: les industries de guerre, les "ateliers de misères", les entreprises néfastes à l'environnement, les conglomérats appuyant les dictatures, etc. etc.
Depuis, ce mouvement a largement débordé le cercle confessionnel en interpellant les acteurs préoccupés du développement d'une économie sociale et durable. De telle manière que "si, en 2000, 2.9 % des actifs financiers canadiens totalisant 51 milliards $ étaient gérés avec des critères socialement responsables, en 2010, c'est 19 %, pour un total de 531 milliards $, qui le sont", selon Colette Harvey, membre du conseil d'administration de l'AIR et conseillère principale en finance responsable à la Caisse d'économie solidaire Desjardins (dont, pour être totalement transparent, je vous informe que je suis le président bénévole).
Que déjà 20 % des actifs financiers canadiens soient placés en fonction de critères socialement responsables est énorme et encourageant. Le mouvement prend de l'ampleur partout dans le monde. Et il en prendra davantage depuis que la preuve est faite que ce type de placement, somme toute, est moins risqué et plus rentable, parce que moins volatile et plus durable. Comme quoi, le capitalisme hyperspéculatif et décroché de l'économie réelle a ses limites, y compris au plan financier. Il est battu sur son propre terrain par ceux et celles qui identifient des finalités sociales à leur investissement.
Le défi? Les défis, plutôt! D'abord répandre "la nouvelle". Deuxio, interpeller les grands acteurs économiques et financiers. Tersio, exiger des pouvoirs publics une fiscalité positive pour les investissements qui représentent un plus pour l'emploi, l'égalité et l'écologie.
Qui répond?






