C'est parti: on change de modèle !
Retour sur la journée du 17 octobre
16 novembre 2011Le 17 octobre dernier, plus de 225 personnes ont répondu « présent » à l’invitation de créer des liens stratégiques pour entreprendre une grande démarche collective en développement durable.
Concrètement, nous vous invitons à partager par vidéo des réflexions de la journée. Cette vidéo a été produite par le journal coopératif Ensemble.
Pour réinventer une économie au service de la société, voici les cinq grands chantiers et 20 propositions afin de changer de modèle à l’heure de RIO+20.
![]() |
![]() |
|
Nicole Alix (France), Forum international des dirigeants de l'économie sociale (Rencontres du Mont-Blanc). |
À partir de la gauche : Christine Gingras, directrice adjointe de Nature-Québec, Jocelyn Lessard, directeur de la Fédération des coopératives forestières du Québec, et Denis Richard de la Coop Fédérée. |
Premier grand chantier : démocratiser l’économie et favoriser sa territorialisation
- Nous voulons favoriser par tous les moyens le développement d’un vaste secteur non capitaliste d’entreprises collectives fonctionnant de façon démocratique autour des enjeux de la crise globale que nous traversons.
- Nous comptons poursuivre avec d’autres le travail de recherche permettant de mettre en place de nouveaux indicateurs de richesse.
- Nous misons sur le développement d’emplois de qualité dans le cadre d’une économie misant sur le bien vivre dans un monde équitable.
- Nous soutenons fortement la prise ou la reprise de contrôle des biens communs (eau, terre, ressources naturelles…) par les communautés et les États à partir, plus particulièrement, du développement de coopératives, de mutuelles et d’associations.
- Nous invitons les pouvoirs publics à soutenir avec plus de force la « biodiversité » de l’économie, l’entrepreneuriat collectif et le développement durable et solidaire des territoires par des politiques et des législations qui leur sont favorables.
- Nous visons à développer une finance propre à l’ESS ou favorable à celle-ci pour soutenir le développement de nouvelles entreprises collectives (fonds de travailleurs, programmes publics et internationaux d’accompagnement des entreprises collectives en démarrage…) et nous partageons avec d’autres le principe d’une réglementation forte de la finance.
![]() |
![]() |
|
Daniel R. Breton, Maîtres chez nous - 21e siècle (MCN21). |
René Lachapelle, président du Groupe d'économie solidaire du Québec (GESQ), et Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM). |
Deuxième grand chantier : affronter la crise de l’énergie et le réchauffement climatique
- Nous revendiquons que les États contraignent toutes les entreprises (publiques, marchandes, collectives) à rendre compte non seulement de leur création de richesses au plan économique mais aussi de leur utilité sociale et de leur empreinte écologique.
- Nous sollicitons les États pour que soit mise en priorité, par une écofiscalité appropriée, la conversion écologique de leur économie (une économie verte) dans l’habitat (efficacité énergétique) et dans le transport (collectif et public) en collaboration avec les organisations et entreprises de l’ESS qui oeuvrent dans ces domaines.
- Nous invitons les États à miser en priorité sur les énergies renouvelables (l’éolien, la biomasse, le solaire, le géothermique…) et le retrait, sinon le contrôle, de l’exploitation des énergies fossiles (gaz de schiste, pétrole…) en collaboration avec les organisations et entreprises de l’ESS qui oeuvrent dans ces domaines.
- Que le développement du mouvement de la consommation responsable et du commerce équitable soit systématiquement encouragé par les politiques publiques.
![]() |
![]() |
|
À partir de la gauche : Louis Favreau, sociologuqe, Université du Québec en Outaouais, Gérald Larose, président de la Caisse d'économie solidaire, du Forum international des dirigeants de l'économie sociale et du Groupe d'économie solidaire du Québec, Jean-François Lisée, directeur du Centre d'études et de recherches internationales, Université de Montréal, Jacques Létourneau, vice-président de la CSN, Laure Waridel, cofondatrice d'Équiterre, sociologue. |
À partir de la gauche : Gérald Larose, président de la Caisse d'économie solidaire, du Forum international des dirigeants de l'économie sociale et du Groupe d'économie solidaire du Québec, Jean-François Lisée, directeur du Centre d'études et de recherches internationales, Université de Montréal, Jacques Létourneau, vice-président de la CSN. |
Troisième grand chantier : agriculture écologiquement intensive, filières équitables en alimentation et aménagement intégré des forêts
- Nous considérons que des politiques de soutien à une agriculture écologiquement intensive et à un aménagement intégré des forêts doivent s’arrimer aux organisations paysannes et aux coopératives agricoles et forestières qui innovent dans ces domaines (biomasse, reforestation…).
- Nous misons sur des institutions internationales et des États qui appuient résolument le droit des peuples à la souveraineté alimentaire en sortant l’agriculture et la forêt des règles internationales du « tout au marché » dont elles sont prisonnières.
![]() |
![]() |
|
Le 17 octobre 2011, 200 personnes ont répondu « présent » à l’invitation de créer des liens stratégiques pour entreprendre une grande démarche collective en développement durable. |
Laure Waridel, cofondatrice d'Équiterre, sociologue. |
Quatrième grand chantier : de nouveaux choix sociaux pour l’État
- Nous voulons travailler à renouer au Nord avec un Etat social lié à ses territoires (régions) et à ses communautés par une participation citoyenne organisée dans la délibération sur les choix des priorités locales et régionales (en matière de santé, d’éducation, d’habitat, de services sociaux…).
- Nous voulons travailler à soutenir au Sud la refondation d’États sociaux, notamment par une collaboration avec les initiatives d’ESS qui contribuent à solidifier un développement endogène tout particulièrement en matière d’agriculture, d’épargne et de crédit, de santé et d’habitat.
- Nous pensons que la vie associative productrice de lien social est indispensable, notamment par la création de nouveaux services collectifs telles des coopératives sociales dans des secteurs comme la santé, l’éducation, l’habitat… et que ceux-ci doivent émerger d’une cohabitation active des États avec les initiatives citoyennes.
Cinquième grand chantier : affronter la nouvelle phase de la mondialisation
- Nous pensons nécessaire d’intensifier la solidarité internationale, tout particulièrement la solidarité Nord-Sud et Sud-Sud par le développement de nouveaux partenariats entre coopératives, mutuelles, fonds de travailleurs, associations, syndicats…partenariats encouragés par les pouvoirs publics.
- Nous misons sur le développement de stratégies de renforcement de pôles continentaux et internationaux d’ESS. C’est à ce niveau que se situe le Forum international des dirigeants de l’économie sociale dans son travail avec des organisations comme l’Alliance coopérative internationale (ACI) et l’Association internationale de la mutualité (AIM)…
Pour mettre en oeuvre ces chantiers et réaliser ces propositions : faire mouvement par une action politique fédérative
- Nous croyons nécessaire, aujourd’hui davantage qu’hier, d’exercer une présence plus forte dans l’espace public et des prises de position sur des questions de société (ce document en témoigne tout comme les Rencontres du Mont-Blanc que nous organisons depuis 2004).
- Nous voulons soutenir davantage la dimension confédérative internationale des organisations de l’ESS pour lui assurer plus de poids politique (Alliance coopérative internationale et autres réseaux).
- Nous exprimons notre volonté de faire mouvement dans la prochaine décennie avec d’autres organisations (syndicales, écologiques, paysannes…) en instaurant un débat permanent autour d’une plate-forme commune de propositions (sociales, économiques et écologiques) dans la mouvance de cette grande rencontre internationale qu’est RIO+20.
La discussion a été élargie au début novembre lors des Rencontres du Mont-Blanc, le Davos de l’économie sociale. Elle se poursuivra lors de l’université de printemps 2012 du Groupe d’économie solidaire du Québec (GESQ), lors du Rendez-vous solidaire de la Caisse en avril prochain, lors de RIO + en juin 2012 et lors du Sommet international des coopératives en octobre 2012.
Visionnez plusieurs conférences de la journée sur notre chaîne Youtube : http://www.youtube.com/user/cecosol.














