Coopérative de travailleurs: plus qu'une bouée de dernier recours
«Avant de pouvoir compter sur l'aide providentielle de la Caisse d'économie solidaire Desjardins de Québec, nous étions en faillite technique»
16 mai 2011
Publié le 11 mai 2011 à 05h00 | Mis à jour le 11 mai 2011 à 05h00
Gilbert Leduc
Le Soleil
(Saint-Jean-Port-Joli) Pour Serge Kirouac, le modèle d'affaires des coopératives de travailleurs n'est pas qu'une bouée de dernier recours pour des compagnies en difficulté. Il peut être un outil pour assurer la survie des entreprises qui sont confrontées au vieillissement de leur propriétaire.
Le succès connu par Promo Plastik amène son directeur général à se déplacer un peu partout au Québec pour raconter la petite histoire de la coop. Au Québec, le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation dénombre 266 coopératives de travailleurs.
Promo Plastik est une entreprise dérivée (spin-off) de Plastiques Gagnon, une entreprise familiale de Saint-Jean-Port-Joli qui, au début des années 90, a décidé de se départir de sa division des articles promotionnels pour se concentrer sur le moulage des matières plastiques par injection pour des clients industriels comme Bombardier.
Plutôt que de vendre à des entrepreneurs qui auraient assurément transféré les emplois à Montréal, Plastiques Gagnon a choisi de céder sa division des articles promotionnels à six de ses employés.
À partir d'un investissement individuel de moins de 5000 $ et de l'aide financière de la Société de développement industriel et de fonds d'investissement locaux, ils mettront sur pied la coopérative de travailleurs en 1992.
«À notre troisième année d'existence, le ciel nous tombe sur la tête : deux de nos plus importants clients déclarent faillite. Ils nous ont pratiquement entraînés avec eux dans leurs déboires financiers. Avant de pouvoir compter sur l'aide providentielle de la Caisse d'économie solidaire Desjardins de Québec, nous étions en faillite technique», explique M. Kirouac.
Des surplus
Après ce passage difficile, Promo Plastik a redressé la barque et accumule les surplus. Tout va tellement bien que les employés-propriétaires se versent des bonis pratiquement tous les ans.
La gestion quotidienne des opérations est l'apanage de Serge Kirouac. Les décisions les plus importantes, comme l'achat de nouveaux équipements, sont prises par le conseil d'administration ou l'assemblée générale des employés-propriétaires.
Constatant que la coop se porte bien, des investisseurs tournent autour de Promo Plastik dans l'espoir d'y placer des sous et de détenir une participation minoritaire. Non, la porte est fermée, assure Serge Kirouac, l'entreprise appartient à ses 18 employés-propriétaires, qui sont d'ailleurs triés sur le volet.
«Des clients me demandent souvent si nos employés sont syndiqués. Je leur réponds que c'est encore mieux, ils sont propriétaires de l'entreprise!» raconte le directeur général, qui croit que l'engagement des employés-propriétaires au succès de l'entreprise et leur sentiment d'appartenance permettent à Promo Plastik d'offrir des avantages indéniables à ses clients en termes de qualité du service, de flexibilité et de rapidité dans les délais de livraison.






