Nunavik : financer la construction de 41 logements
Crise du logement dans le Grand Nord
16 novembre 2011
English version bellow.
L’un des grands défis est de soulager la pénurie de logements au Nunavik. C’est pourquoi la Caisse d’économie solidaire Desjardins est fière de prêter 12,6 millions de dollars à l’Office municipal d’habitation Kativik (OMHK) pour construire 41 logements.
Il s’agit de 23 logements sociaux répartis dans 4 villages : Kangiqsualujjuaq (10), Kuujjuaraapik (8), Ivujivik(4) et Umiujaq (1), ainsi que de 18 logements de fonction à Kuujjuaq. Ces 18 logements de fonction seront regroupés au sein de 5 édifices modulaires provenant du Sud du Québec et assemblés au Nunavik.
La construction d’habitations au Nord coûte deux fois plus cher qu’au Sud. Au prix très élevé du transport, du matériel et de la machinerie, s’ajoute celui tout aussi important de la main-d’œuvre à loger et à nourrir. De plus, afin de protéger le pergélisol, tous ces nouveaux édifices seront bâtis sur pilotis screw jacks afin de permettre la circulation de l’air froid entre le sol gelé et la chaleur qui se dégage de l’édifice.
« Cet appui financier est important, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg », selon Watson A. Fournier, directeur général de l’Office municipal d’habitation Kativik (OMHK), qui considère qu’il y a encore au moins 1 000 familles qui ont besoin d’un logement. Il existe donc dans chacun des villages une liste de demandeurs qui veulent devenir locataires. La sélection se fait en fonction de critères tels que le nombre de résidants, la présence d’enfants, de personnes handicapées, et le niveau de revenu. L’OMHK administre plus de 2 400 logements sociaux.
« Pour la Coopérative des services financiers du Nunavik, ce soutien financier à l’Office municipal d’habitation Kativik est d’autant plus pertinent que le peuple inuit paie un prix social très élevé pour la crise du logement », souligne André Fortin, conseiller financier aux entreprises collectives de la Coopérative des services financiers du Nunavik.
Au Nunavik, plus de 60% des résidants ont moins de 25 ans. Le manque de logements est tel qu’il est courant de voir jusqu’à quatre générations habiter dans la même maison. Des familles de 12 personnes peuvent vivre sous un toit qui accueille au Sud une famille de 5. Ce surpeuplement aggrave tous les problèmes sociaux. La détresse pèse lourdement, notamment sur le développement des enfants. Les spécialistes relèvent des infections à répétition, des difficultés d’apprentissage scolaire, de la violence. physique et sexuelle.
En 2007, la Fédération des coopératives du Nouveau Québec (FCNQ) et la Caisse d’économie solidaire ont créé la Nunavik Financial Services Cooperative, qui permet à 60 % de la population adulte des 14 villages du Nunavik d’avoir accès à des services financiers. Il y a à peine quatre ans, la plupart des 11 000 habitants de ce territoire de 550 000 km2 n’avaient pourtant pas de compte bancaire personnel. Une fois les chèques encaissés, ils gardaient leurs dollars sur eux ou à la maison. C’est le magasin coopératif appartenant au plus grand employeur privé, la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ), qui offrait des services bancaires de base : échange et émission de chèques, crédit à la consommation, etc.
Aujourd’hui, 6 des 14 villages sont servis par des employés bilingues, voire trilingues (inuttitut, anglais, français). Les autres communautés continuent d’être servies par le magasin coopératif, qui sert d’intermédiaire entre les membres et Desjardins.
The Kativik Municipal Housing Bureau (KMHB) and Caisse d’économie solidaire Desjardins fund the construction of 41 housing units.
One of Nunavik’s major challenges is its housing shortage. It therefore makes the Caisse d’économie solidaire Desjardins even prouder to be lending $12.6 million to the Kativik Municipal Housing Bureau (KMHB) in order to build 41 housing units in Quebec’s arctic region.
Twenty-three social housing units will be situated in the following four villages: Kangiqsualujjuaq (10), Kuujjuarapik (8), Ivujivik (4) and Umiujaq (1), as well as 18 staff housing units in Kuujjuaq. These 18 staff housing units are grouped into five modular buildings arriving from southern Quebec and will be assembled in Nunavik.
Construction of a housing unit in the North costs twice as much as in the South. On top of the high transportation costs of materials, equipment and machinery, the workforce needs to be housed and fed on site. In order to protect the permafrost in the region, all of the new buildings (these 41 mentioned here), are raised off the ground by “screw jacks” which permits the circulation of cold air between the ground and the heat escaping the building.
"This funding project is important but only the tip of the iceberg" according to Watson A. Fournier, Eng., Director General of the KMHB, which considers that there are at least 1000 families in need of housing. Each village has a waiting list of applicants wanting to become tenants. Selection is based on criteria such as the number of occupants, presence of children, disabilities as well as income level. The KMHB manages over 2,400 housing units.
"For the Nunavik Financial Services Cooperative, this financial support is even more welcome, seeing as the Inuit people pay a high social price for the existing housing crisis" says André Fortin, corporate financial advisor of the Nunavik Financial Services Cooperative.
In Nunavik, where over 60% of the population is under the age of 25, the housing shortage aggravates social problems already in existence. It isn’t uncommon to see up to four generations living under one roof. Families of 12 can live in units accommodating a family of 5 in the South. The plight weighs heavily on child development. Recurring infections, learning difficulties, as well as physical and sexual abuse are seen by specialists in the region.
In 2007, the Fédération des coopératives du Nouveau-Québec (FCNQ) and the Caisse d’économie solidaire Desjardins created the Nunavik Financial Services Cooperative which allows 60% of the adult population of 14 Nunavik villages access to financial services. Only four short years ago, most of the 11 000 inhabitants of this 550 000 square kilometer territory did not have a bank account. Once a check was cashed, the money would either be kept on them or at home. The largest private employer of the region, the FCNQ, was the one to provide basic banking services (check cashing and issuing, consumer credit, etc…) through its coop stores.
As of today, six of the 14 villages are now served by bilingual or trilingual employees (Inuktitut, French and English). Other communities continue to be served by the cooperative store which works as an intermediary between Desjardins and its members.






